mardi 29 juillet 2014

Famille Chatain




La famille CHATAIN



Tout le monde connaît l'expérience de Bugeaud (hum enfin ...). Après avoir utilisé la troupe à effectuer les travaux préparant la colonisation, il pensa que les soldats seraient les meilleurs colons et ce furent en 1841-1842, fondées sur le travail en commun, les expériences d'Ain Fouka, Beni Mered et Mahelma.
En juillet 1842, sur les 60 colons militaires tous célibataires, il fut décidé d’en envoyer vingt, les plus méritants à Toulon pour prendre femme. Ces jeunes filles avaient été auparavant pressenties, contre une dot et l’assurance de trouver outre le mari, une maison et des terres en Algérie. Entre septembre 1842 et janvier 1843, 18 d’entre eux se sont mariés.         
Ces mariages se faisaient au son d’un roulement de tambour. C'est pourquoi on les nomme les "mariages au tambour".
Puis les jeunes filles ainsi mariées suivaient leurs nouveaux époux et traversaient la Méditerranée pour trouver leur nouvelle patrie.                                                                                             
Dans divers centres les soldats libérés ont obtenu un grand nombre de concessions et parfois même la totalité comme à Pélissier, fondé en 1846 à l'est de Mostaganem sans autre nom que " les Libérés ", ou à Saint- André, à l'ouest de Mascara.
Les mariages n’ayant pas arrêté le mouvement de dépopulation, il devint urgent de trouver une solution ; Ce fut le capitaine Blanchet, commandant de la compagnie qui autorisa le curé d’Aïn Fouka à écrire à deux autres curés de l’Isère desservants les communes de Saint Hilaire et de Saint Bernard. Ces derniers s’efforcèrent de recruter des habitants partants pour immigrer en Algérie.
Dix habitants de ces localités acceptèrent de quitter leur famille et leurs biens pour rejoindre Fouka, emmenant avec eux leur femme et leurs enfants.
Le passage leur fut offert ainsi que leur installation.
Lettre de Soult à Bugeaud du 2 septembre 1843 «  Je verrais avec plaisir que le village d’Aïn-Fouka reçoive un complément de population composée d’aussi bons éléments et qui ne pourrait qu’exercer une influence heureuse sur son développement et sa prospérité… »
Le nombre de ces familles fût bientôt porté à 13 par l’adhésion de 3 nouvelles familles, et 7 d’entre elles avait pour chef d’anciens soldats.
Lettre de Soult à Bugeaud du 9 octobre 1843 «  mon intention est donc qu’elles y soient placées de préférence à tout autre centre de population. J’attache de l’intérêt à ce que cette immigration, composée d’excellents éléments parvenus d’un même pays, soit concentrée sur le même point à Fouka. 
Ces immigrants venus d’Isère sont :
GAUDE Jean, GAUTHIER Joseph, CHATAIN Pierre de St Bernard
GUIGUET Joseph, TILLOT Jean, de la Terrasse
VIGAT Jacques, BOUVIER Etienne, TOURNOUD Pierre,
PELLOUX Jacques CHATAIN Jean dit TANAZ de St Hilaire
CHAIX Jacques, PERRET Pierre, GUIRAND Auguste de Crolles




Parmi ces colons venant d’Isère,  et plus exactement du plateau des petites Roches, Pierre CHATAIN a servi l’Empire pendant 6 ans, et a été prisonnier en Angleterre ; Joseph GUIGUET sort du 54e régiment de ligne ; Jean TILLOT sort de la Région de l’Isère ; Jacques VIGAT a servi 4 ans dans l’artillerie Sarde ; Julien TOURNOUD était à la 15ième de Légion, province d’Oran ; Jacques PELLOUX ( frère de Pierre ) a servi l’Empire de 1807 à 1825.
Au recensement de Fouka au 1er janvier 1844 figurent :
         Pierre CHATAIN maçon, 52 ans (né vers 1792) sa femme Virginie, 49 ans (née vers 1795), ses filles Magdeleine (21 ans) repasseuse et Euphrosine (18 ans) modiste, et ses fils Jérome (15 ans) cultivateur et Pierre (11 ans) , tous habitants la maison n°8.
         Guillaume CHATAIN cultivateur 22 ans, maison n° 8.
Joseph CHATAIN maçon, 27 ans (né le 5 juin 1816 à Saint Hilaire), sa femme Julie 25 ans (née vers 1819), son fils François (18 mois) et sa fille Marie (2 mois) habitent également la maison n°8.
Jean CHATAIN cultivateur, 32 ans (né vers 1812), sa femme Magdeleine 32 ans (née vers 1812), ses fils Joseph (8 ans), Sixte (7 ans), Brice (4 ans), Jérôme (3 ans) et sa fille Marie (1 an), habitent  la maison n° 3.
Lorsqu’ils arrivent à Fouka, après un voyage long et difficile, ces familles étaient dans un état de dénuement très grand. Aussitôt les autres habitants vinrent à leur secours en leur fournissant vivres et habits.
Arrivé en 1843 à Fouka, Joseph  fait des travaux  de maçonnerie pour faire vivre sa famille, en attendant d’obtenir une concession.

Il est venu de Saint Hilaire avec sa femme Julie, son père Pierre et sa mère Virginie,
Extrait du livre  Si les Petites Roches m'étaient contées
LES COLONS DE FOUKA Originaires de L’ISERE Hommes et Femmes des Petites Roches
Au milieu du siècle dernier, la population de cette région était à peu près le double de ce qu'elle était à la fin du XVIIè siècle. Le milieu du siècle dernier marque le début de la décadence - il est curieux de constater que la régression démographique coïncide avec l'alphabétisation du plateau - qui est allée en s'accentuant au XXè S. : de 1851 à 1926, le Plateau perdait 47% de sa population, et il n'occupe pas la dernière place sur le plan de la dépopulation, car dans la même période, St Pierre de Chartreuse perdait 60% de ses habitants.
Les habitants gagnaient la vallée où la vie était plus facile : quelques uns cependant, comme pour faire mentir l'attachement que leurs ancêtres avaient toujours témoigné à leur terre, tentaient la grande aventure : dans le contexte
d'enracinement de l'époque, ces pionniers méritent toute notre admiration : Pierre Châtain originaire de St Hilaire, cultivateur, maçon et tailleur de pierres à St Bernard fut un des premiers à partir pour l'Algérie où le rejoignirent plusieurs membres de sa famille : Jules Châtain de Crolles et sa femme Rosalie Vial de St Bernard ; d'autres les suivirent en 1880 ; tous se retrouvèrent à Aïn Fouka petit village au bord de la mer, à 40km à l'Ouest d'Alger ; il y avait Fouka-ville sur la hauteur, et Fouka-marine avec sa plage et son petit port de pêche, mais pour eux c'était tout simplement "Fouka" véritable parcelle des Petites-Roches au-delà de la Méditerranée.
On y rencontrait tour à tour les Jérôme Châtain, les Pierre Châtain, les Brice Châtain, les Sixte Châtain, les Cyprien Châtain et cet Hilaire Châtain qui faisait revivre dans son prénom un peu du terroir familial. Tous ces "pieds-noirs" étaient originaires du Plateau de Crolles et de Theys.
Il n'y a plus un européen à Fouka : les derniers Châtain l'ont quitté en 1962 : un ménage de 88 et 86 ans : riche de souvenirs et dénué de tout, il a abandonné sa modeste maison, son petit jardin, et deux hectares de vignes, maigre patrimoine familial fruit de cent trente années de travail et de « colonisation » !
Les descendants des colons des Petites-Roches n'ont pas fait fortune mais ils ont rapporté de leur longue absence une étonnante fidélité au pays de leurs ancêtres : l'un d'eux il y a quelques années est venu y prendre femme : la jeune fille habitait la maison d'où était parti son ancêtre pour tenter la grande aventure.
Extrait de l'ouvrage "Si les Petites Roches m'étaient contées" Dr Bruno Guinmand Grenoble 1970 (P.215). Fourni par Mr PONT, Adh. GAMT



Il s’installe à Fouka, et là, dès 1845 son premier enfant naît : c’est Joseph Antoine, puis vient Marie Magdeleine en 1846 ; Malheureusement, Joseph Antoine décède 3 mois après la naissance de Marie Magdeleine. Il vient d’avoir 22 mois.
En 1847, c’est le tour de Pierre Eugène Laurent Jean Baptiste, et en 1849 Marie Euphroisine arrive.
Je m’arrête sur Marie Euphroisine, car c’est notre arrière (arrière, arrière pour certains) grand-mère. Elle va rencontrer Napoléon César Ledoux et ils se marieront en décembre 1868 à Fouka. La suite, on la connaît ; ils vont avoir 4 enfants, dont Clément Emile qui se mariera avec Thérèse Augusta Bellegarde ; Quatre enfants naîtront de cette union :  Robert Albert, Emilienne, Odette et Armand.

Je reviens à Joseph le fondateur, pour dire qu’il aura son 5e enfant, Jérome Napoléon en 1850, puis Jean en 1852, Julie en 1854, Pierre Napoléon en 1856, Léon en 1861.
Tous ne vivent pas longtemps : ainsi, Pierre Eugène Laurent Jean Baptiste décède en 1851 à l’âge de 4 ans, Léon en 1861 à l’âge de 8 mois.

Joseph fait sa première demande de concession le 29 août 1848  et l'obtient le  7 mars 1850 à Fouka. Ce sont le lot n°3 à bâtir, et 4 lots de campagne qui représentent 10 ha et 3 ares.
En 1853 il obtient un titre de concession à Fouka, pour 3 lots : le lot n° 1 de jardin d’une superficie de 2 ares 20, un lot n°23 de vignes de 24 ares et un lot n° 68 de prairie de 2 ha.
Mais ceux ci deviennent rapidement trop petits pour faire vivre sa famille et il se voit contraint de les revendre.
Il vit alors de travaux de maçonnerie.
Le 30 novembre 1871 il renouvelle sa demande pour un lot plus grand, situé dans les Yssers, à Bordj Menaïel;
Ses enfants ont grandi; ils habitent toujours chez leurs parents, du moins ceux qui sont encore célibataires, et peuvent eux aussi travailler sur les terres. Il n'obtient pas de réponse, bien que sa demande ait été appuyée par Jean Baptiste Eyraud, l'ami de tous les moments, et qui agit en tant que conseiller municipal délégué.
Le 13 janvier 1877, il fait à nouveau une demande pour une concession dans l'une des 8 fermes annexées au village de Ben Aroun, arrondissement de Tizi Ouzou. 
Ses enfants ont alors 27 ans ( Jérome), 23 ans(jean), 19 ans (Pierre), et 18 ans (Pauline; en fait c'est Julie Clémence qu'on appelle ainsi ). Les 3 autres enfants vivants sont mariés.
Il possède 2 500 francs, 2 boeufs, 1 vache, 1 génisse, 4 moutons, une petite maison à Fouka; Il réside en Algérie depuis 34 ans, c'est un colon de la première heure, toute sa famille jouit d'une très bonne réputation; Ses enfants sont rompus aux travaux agricoles qu'ils ont l'habitude d'effectuer, en plus des travaux de maçonnerie.
Tout cela fait qu'enfin sa voix va être entendue;
Il n'y a plus de lot à Ben Aroun, ni à Chabet El Amar, lots réservés aux colons venus du Vaucluse, mais en décembre 1877 il obtient enfin sa concession située à Aïn Zaouïa. Par tirage au sort il obtient le lot urbain n° 31 et les lots ruraux n° 175, 125 et 65 d'une étendue de 28H55.70.

Malheureusement, il meurt le 1er octobre 1884, laissant sa veuve Julie et ses fils Jean et Pierre Napoléon, gérer les terres, avec son petit fils Edouard Joseph, le fils de sa fille Marie Magdeleine, décédée le 7 mars 1873 à l’âge de 28 ans.




j'ai pu retrouver le testament de Joseph que j'ai retranscrit :


Extrait des minutes du greffe de la justice de paix du canton de Colea, arrondissement de Blida, département d’Alger (Algérie)

L’an mil huit cent quatre cinq et le huit décembre,

Devant nous, Frêche Amédée, juge de paix du canton de Colea, arrondissement de Blida, département d’Alger (Algérie) assisté de Monsieur Charles Falconetti, greffier.

Ont comparu :
Primo, Monsieur Louis Neveu ( ?) propriétaire demeurant à Colea.
Secondo, Monsieur Barbier Claude François, propriétaire demeurant à Colea. Tous les deux témoins majeurs ;
Lesquels ont, par ces présentes, attesté pour vérité et notoriété à qui il appartient qu’ils ont parfaitement connu le sieur Chatain Joseph propriétaire décédé ab_intestat à Fouka, commune et canton de Colea, le premier octobre mil huit cent quatre vingt quatre. Et qu’il est à leur connaissance personnelle que le dit dépend laisse pour seuls héritiers, chacun pour un septième savoir :
Primo : Marie Chatain, épouse du Sieur Clément LEDOUX, son mari avec lequel elle demeure à Aomar canton de Dra El Mizan ;
Secondo : Jérôme Napoléon Chatain, propriétaire demeurant à Fouka, commune et canton de Colea ;
Tertio : Jean Chatain, propriétaire demeurant à Bordj Bouïra ;
Quarto : Emilie Chatain, épouse de Monsieur François Gauthier son mari, avec lequel elle demeure à Fouka, commune et canton de Colea ;
Quinto : Pierre Chatain, propriétaire demeurant à Fouka, commune et canton de Colea ;
Sexto : Julie Clémence prénommée en famille Pauline Chatain, sans profession demeurant à Fouka, commune et canton de Colea ;
Et Septime : Edouard Roger, mineur de vingt et un ans, venant par représentation de la dame Madelaine Chatain, épouse Roger, décédée dont il est le seul enfant et héritier, demeurant à Médéa.

Tous les sept seuls enfants ou petit enfant héritiers et représentant du défunt, issus de son mariage avec Pauline Vial, sa femme restée  sa veuve.

Desquelles allégations, les dits sieurs comparants nous ont requis acte que nous leur avons octroyé pour servir et valoir ce que de droit.

Fait à Colea, en notre cabinet au palais de justice de la dite ville les jours, mois et an que dessus, et nous avons signé, après lecture faite, avec les témoins et le greffier.

Signé :  Louis Neveu, Barbier Claude François, Charles Falconetti et Frêche Anédée.

Au bas derrière cet acte de notoriété, se trouve la mention de l’enregistrement dont la teneur suit :
Enregistré à Coléa le dix décembre mil huit cent quatre vingt cinq ; folio deux, verso, case trois, Reçu un franc cinquante centimes ; décimes quinze centimes.
Le receveur des domaines, timbre et enregistrement

La présente expédition collationnée sur la minute du présent acte de notoriété a été délivrée à la partie reprenante ( ?) par le Greffier soussigné ce jour d’hui dix décembre mil huit cent quatre vingt cinq.

Le Greffier


Petits potins
Odette LEDOUX était la petite fille de Marie Euphroisine CHATAIN et de Napoléon César LEDOUX.
Elle racontait que sa grand mère était très pingre.
Pour Noël, elle offrait une seule poupée pour les filles. 
Elle a hérité de son père. Elle a tout donné aux bonnes soeurs. Elle s'est retirée dans une bonne maison de retraite et a laissé son mari à l'hospice.







lundi 28 juillet 2014

Famille Ledoux


Paris était divisé en de nombreuses paroisses, qui tenaient chacune des registres de baptêmes, mariages et sépulture. La quasi-totalité de ces registres ont malheureusement brûlé dans l'incendie de la Commune en 1871.

L’état civil a été partiellement reconstitué;
2 696 000 actes ont été reconstitués sur les 8 millions pour cette période:
  • 5 pour le 16e siècle
  • 5000 pour le 17e siècle
  • 242 000 pour le 18e siècle
  • 2 454 000 pour le 19e siècle

L’acte le plus ancien que je possède concerne le mariage de Jean Pierre Marcel LEDOUX et Marie Thérèse Françoise BOIS le 2 juillet 1798 à Paris, paroisse ST EUSTACHE, et encore il s’agit d’une seule ligne sur un registre sur lequel il est noté que Jean Pierre Marcel est « fils de Hubert LEDOUX et de Louise BRUNOT »



Or, en cherchant dans les archives de Paris, j’ai trouvé les cartes de sûretés de Paris, cartes servant de carte d’identité pour la circulation pendant les années de « terreur » entre l'été 1793 et l'été 1794;
J’en ai trouvé une au nom de Pol Hubert LEDOUX qui peut correspondre à l’ancêtre que je recherche : mais après recherche, il s'avère que c'est un cousin éloigné.

Mais Stéphanie est arrivée; et voici ce qu'elle a trouvé sur Filae :




Il est noté : Hubert LEDOUX et Marie Marguerite BRUNO mariés le 19 novembre 1764 à Paris St Nicolas du Chardonnay.
et la mention "reconnaissance d'enfant"; Y avait il un enfant né avant mariage ?
Jean Pierre Marcel LEDOUX est né en 1780; Cela devait être un enfant tardif, né après 16 ans de mariage; Il doit y avoir des frères et soeurs ...
Mais rien de nous dit que cet acte reconstitué, concerne bien nos ancêtres.
J'ai également trouvé dans les actes notariés présentés sur GENEANET une petite ligne qui va nous aider à avancer :

LE DOUX, Hubert Domestique x BRUNET, Marie Louise Décédée, 1786-11-10 , + mère le 20/10/1786 Tutelle des enfants. -> Voir (stefledoux)

Là il n'est plus question de Louise BRUNOT, ni de Marie Marguerite BRUNO, mais de Marie Louise BRUNET; décédée le 20 octobre 1786 à Paris, veuve de Hubert LEDOUX.
On apprend que Hubert LEDOUX est décédé avant le 20/10/1786; qu'il y a des enfants mineurs .
Combien ? leurs noms? leurs âges ? malheureusement aucune mention n'est faite à ce propos.
On apprend que le tuteur nommé est Louis DUBRAY coiffeur perruquier demeurant rue St Denis paroisse .. St Gilles cousin maternel.

Et cette histoire commence ainsi :

A Paris, dans le foyer de Hubert LEDOUX et de Marie ... BRUNOT ou BRUNET, naquit un petit garçon à qui on donna les prénoms de Jean Pierre Marcel . Cela se passait le 23 mai 1779.
On retrouve JPM LEDOUX lors de son mariage avec Marie Thérèse Françoise BOIS le 2 juillet 1798 à Paris, paroisse ST EUSTACHE,

, elle est décédée le 30/03/1853 à l'âge de 55 ans; donc si je compte bien = 1853 - 55 ans = 1798; date très proche de la date de mariage de ses parents !!!!) qui avait alors 10 ans, Antoine Pierre 8ans, François 7 ans, Jacques Marie 4 ans, Geneviève Antoinette 2 ans et demie.
Anne Antoinette, née en février 1805, décède en décembre 1807, à l’âge de 3 ans ; cause du décès : « petite vérole confluente qui n’a été dirigée que par ses parents et les conseils d’un apothicaire ; onze jours de maladie », et une autre sœur Madeleine Louise, née en décembre 1810 décédera en février 1812, à l’âge de 13 mois ; cause du décès «  dentition, 4e classe  4e ordre ; malade trois semaines »
Malheureusement, en novembre 1811, son père meurt, 2 mois après Madeleine Louise.
La famille n’a pas assez d’argent pour payer des soins médicaux, et Jean Pierre Marcel meurt à l’hospice du 10e arrondissement de Paris.
Marie Louise se retrouve seule à élever les cinq enfants qui lui restent.
Peu après, la famille quitte le 14 de la rue de la Cordonnerie dans le 4e arrondissement où elle logeait pour s'installer  2 rue de la grande friperie ; Pierre François grandit et trouve un travail comme commissionnaire en librairie et habite alors 6, rue de la Harpe.

Pierre François s'engage auprès de l'Armée d'Afrique créée par Charles X et participe à l'expédition de 1830 pour la prise d'Algérie. Il débarque à Sidi Ferruch avec les troupes; l'expédition durera 2 ans au terme desquels il revient à Paris retrouver sa famille. Mais il garde en lui les images d'une Algérie à construire, belle, pleine de promesses..  ( information que je n'ai pas pu recouper...) 

Il a alors 20 ans lorsqu'il rencontre une jeune fille de 5 ans plus âgée que lui, Eléonore Huvin. Elle est cartonnière, est née 25 ans plus tôt à la Chapelle St Denis à Paris. Ils fondent un foyer et très vite François Hippolyte voit le jour, le 18 avril 1827 à Paris, baptisé à St Merry; Je ne sais pas ce qu'il est devenu; Marié ? décédé ? .....
Puis une petite fille voit le jour : Marie naît le 12 juin 1828 à Paris. Elle est baptisée à l'église St Sulpice, à Paris. J'ai trouvé 3 mariages pour Marie : Le 11 août 1857 avec Pierre, Paul, Baptiste TRESORIER; Puis le 2 mars 1879 avec Philippe, Joseph, Désiré DORNIER; et enfin, le 2 octobre 1887 avec Jules, Antoine, Jean PUGEOLLE. Je ne sais pas ce que sont devenus ces maris : divorce ? décès ? les actes d'état civil étant reconstitués, ils n'indiquent que le minimum.

Et  enfin, François Nicolas en 1834; Il décède à l'âge de 4 ans, le 14 juillet 1838. Son décès est déclaré par son oncle (son nom n'est pas indiqué sur l'acte) formier ( Le formier est l'artisan qui sculpte des blocs de bois de tilleul pour réaliser des formes à chapeaux, bord, calotte, collier pour les modistes et chapeliers); Je n'ai pas trouvé quel était cet oncle.


Ils habitent alors 2 rue de la Grande Friperie.

Marie vient d'avoir 15 ans lorsque sa mère Eléonore décède ; Elle est inhumée le lendemain 10 septembre 1843 au cimetière Sud de Paris.
Mais Pierre François n'est pas un veuf inconsolable. Il a gardé quelque part dans son coeur la nostalgie de l'Algérie et décidé qu'il y retournerait lorsque l'occasion se présenterait, et justement, il est beaucoup question d'aller coloniser l'Algérie, et cela lui convient.
Il a rencontré une charmante lingère, Marie Louise Bénétot qui est partie de sa Côte d'Or natale, de Saint Seine l'Abbaye, pour "monter" à Paris ; Elle vit chez son frère Jean Baptiste, géomètre comme son père (qui a été d’abord instituteur puis  géomètre), et demeure rue Aubry le Boucher, au n° 45 à Paris. Elle n'a que 18 ans, alors que Pierre François en a le double. Moins de 7 mois après la mort de Eléonore, il se marie avec elle.
Ils s'unissent à Paris, dans le 11e arrondissement le 30 mars 1844.
Une petite fille voit le jour à Paris, le 10 juillet 1845 ; elle se prénomme Marie, Louise, Rosalie. Puis vient Léontine, Stéphanie, 2 ans plus tard toujours à Paris.
Mais il ne fait pas bon vivre à Paris à cette époque, et pour cause : après la fermeture des ateliers nationaux, le chômage sévit. La Constitution de 1848 déclare l'Algérie territoire français.
Un appel est lancé pour trouver des personnes désirant émigrer en Algérie. On leur promet une concession de terre à cultiver, et des aides pour bien commencer leur travail d'agriculteur.









Ces convois ont fasciné des centaines de généalogistes. « Nous avons tous rêvé de descendre d'une de ces familles, qui, un beau matin d'octobre, novembre ou décembre 1848, est montée dans une péniche amarrée au quai Saint Martin.. »La famille Ledoux faisait partie du 4e convoi qui partit de Paris le 22 octobre 1848, arriva à Marseille 13 jours plus tard.
Là ils embarquèrent sur le Montezuma, encadrés par l'officier Durrieu, avec les 843 autres futurs colons et leurs familles pour Tefeschoun, Castiglione ou El Affroun. Ils arrivèrent le 9 novembre 1848 à Castiglione, puis se rendirent à Tefeschoun, où les attendait une concession. Le village de Tefeschoun a été crée pour accueillir ces colons venus de Paris et d'autres villes de France par le 4e convoi.


si vous êtes intéressés par les colonies agricoles de 1848 
Extrait du site http://aj.garcia.free.fr/site_hist_colo/livre3/L3p281.





Pierre François obtient sa concession le 16 novembre 1848 à Tefeschoun.
Le 18 mars 1853 il obtient son titre de concession définitive ; Il devient propriétaire de :
- 1 lot urbain n° 19 de 6 ares, pour y construire sa maison
- 1 lot de vignes n° 41 de 24 ares
- 1 lot de jardin n° 9 de 23 ares et 70 centiares
- 1 lot de prairie n° 55 de 2 ha 8 ares et 90 centiares
- 8 lots de terres de grande culture n° 66, 67, et 247 à 252 de 8 ha et 3 a 50 ha.
Il sait qu'il ne peut aliéner cette terre, du moins pas avant le 1er janvier 1855, car il risquerait de devoir rembourser à l'état une somme de 3 457 francs, montant des dépenses faites pour son installation
Le village de Tefeschoun se compose alors de 64 familles. Le 30 juillet 1849, à Koleah, le petit Napoléon César voit le jour. Si on fait un calcul rapide, il semblerait qu'il ait été conçu sur le Montezuma, ou tout de suite après l'arrivée de ses parents en Algérie. C'est le premier enfant naît sur la terre d'Algérie. Sa sœur Marie Louise Rosalie a déjà 4 ans, et sa sœur Léontine Stéphanie a 3 ans, toutes deux nées à Paris. Le 19 mars 1856 naît la troisième petite fille, Alice Clara, toujours à Tefeschoun.
La vie se passe normalement ; Pierre François cultive sa terre, et Marie Louise s'occupe des enfants et de la maison. " Les colons de 1848 furent très éprouvés par les fièvres paludéennes, par la dysenterie, par les épidémies de choléra de 1849 et de 1850; les récoltes des premières années furent fort mauvaises. Ils firent preuve de beaucoup d'endurance et c'est merveille, vu les conditions et les circonstances de la tentative, que l'échec n'ait pas été plus complet. "
Les enfants grandissent, la terre est très difficile à cultiver pour un Parisien ; on ne s'improvise pas agriculteur. Pierre François est obligé de vendre sa ferme, et pour subvenir aux besoins de sa famille il fait office de garde-champêtre. En 1859, Léontine Stéphanie meurt. Elle est arrivée à Téfeschoun à l'âge de 2 ans, partie de Paris dans un de ces fameux convois de 1848. Elle a résisté aux difficultés de ce voyage, mais le destin l'attendait en Algérie.
La vie continue malgré toutes les épreuves.
Napoléon César a 18 ans lorsqu'il rencontre Marie Euphroisine Chatain qui habite Fouka, un village voisin. Ils se marient le 4 décembre 1868 à Fouka juste à temps pour voir Marie Emilie, leur premier enfant naître le 30 décembre de cette année là. Puis le 20 décembre 1870, Clément Emile voit le jour à Castiglione, le 24 avril 1874 Pierre Edouard fait son entrée, et le 27 janvier 1877, c'est au tour de Eugène.
La nouvelle famille vit à Aïn Azouz à la ferme de Fouka depuis 1875, et Napoléon y travaille comme fermier, en attendant de posséder une terre et de pouvoir la cultiver. Il a habité successivement Koleah, Tefeschoun et Castiglione. C'est un cultivateur expérimenté. Il n'a pas eu à faire son service militaire, car il est chargé de famille. Il travaille pour d'autres colons comme métayer.
Dès 1875, un projet de lotissement des terres du village de Aomar a été établi. Le 6 avril 1877, il fait sa demande pour une attribution de terre au centre en voie de création dit le Nador, entre Tipaza et Marengo, sur le territoire d'Aomar. Il a alors 28 ans et a 4 enfants ( Eugène, 2 mois, Pierre Edouard 3 ans, Clément Emile 7 ans et Marie Emilie, 9 ans ). Les points forts qui vont lui permettrent d'obtenir cette concession, sont les suivantes : il est marié avec 4 enfants, c'est un cultivateur expérimenté, d'excellente moralité, très laborieux, il est né en Algérie. En outre,il possède un cheptel, des instruments aratoires et des espèces, le tout pour 3 000 Francs. Ses parents sont âgés et vivent difficilement, et il se doit de les aider.

L'attribution des terres se fait par tirage au sort, après agrément du Préfet d'Alger. Le 15 décembre 1877, le Sous Préfet de Tizi Ouzou l'informe que les lots suivants lui sont attribués par tirage au sort:
- lot urbain n° 5 et les lots ruraux n° 66 et 34 dans la commune de Aomar arrondissement de Tizi Ouzou.
Description des lots d'après le procès verbal du 9 janvier 1878 :
- le lot urbain n° 5 se trouve limité au nord par le lot n° 4, à l'est par les terrains réservés pour les plantations, et à l'ouest par une rue.
- le lot rural n° 34 se trouve entre au nord le Trek Ouled et ----, à l'est par les lots n° 29.40 et le chabet Oum el Diab au sud par les lot n° 39 et à l'ouest par le lot n° 35.
- le lot n° 66 se trouve limité au nord par un ravin, à l'est par le Tak Béni Khalfoun, au sud par le lot n° 67 et à l'ouest par un ravin.
Il doit s'engager à résider sur ses terres avec sa famille dans les 6 mois qui suivent. Il deviendra propriétaire de ses terres, à titre définitif à l'expiration de la 3ème année de résidence, moyennant l'exécution de certains travaux.
Le 11 février 1878, il n'a pas pu se libérer de ses obligations envers son ex employeur, et il demande un sursis jusqu'en juillet avant de s'installer sur ses terres. Ce sursis lui est refusé : il doit s'installer au plus tard le 1er mai 1878.
Heureusement, il parvient à se libérer de son ancien emploi et il peut occuper ses terres le 2 avril de cette même année. Il construit une baraque en planche ( dite gourbi ) pour abriter sa famille, et recouvre les côtés et le toit de diss. (pauvreté oblige)

Signification du diss
Le Diss (Ampelodesmos mauritanicus, famille des Poacées) est une grande graminée répandue dans l’Afrique-du-Nord méditerranéenne et les régions sèches de la Grèce à l`Espagne. En France on la trouve dans les départements suivants: Alpes-Maritimes, Var, Corse-du-Sud et Hérault. A Nice, il existe au mont Boron et à l’Abadie, en seulement quelques populations parfois fort pauvres. On a ici encore une belle plante décorative évoquant un peu par son port, l’"Herbe de la Pampa", mieux connue et pourtant totalement exotique. Les élégantes inflorescences ("plumets") persistent très longtemps. Protection: liste nationale de janvier 1982 (annexe I)



La vie s'installe, Napoléon César cultive ses terres, pendant que Marie Euphroisine s'occupe de la maison, des enfants, et pour arrondir les fins de mois, elle fait office de blanchisseuse pour les autres colons.
 Mais le 21 août 1878, le petit Eugène décède. Il a 19 mois.

Un autre malheur attend la famille : en effet, dans la nuit du 11 au 12 février 1879, le feu de la cheminée se propage, du fait d'un vent violent, au toit et au reste de la maison. Dans l'affolement, la famille sort en chemise, mais un enfant est resté à l'intérieur, que dans l'affolement on avait oublié; heureusement, on réussit à le sortir indemne. La perte est très grande ; En effet, Napoléon revenait d'Alger dix jours auparavant, ayant ramené des provisions pour deux mois. La maison est complètement brûlée, avec les meubles, le linge et autres affaires. En outre, Marie est blanchisseuse, et le linge appartenant à 3 colons a également brûlé. Quelle catastrophe ! Un inventaire des biens a été dressé, et hors linge des 3 colons, la perte s'élève à 712.70 francs.











Le 31 décembre 1879 une somme de 200 francs est allouée à la famille par le préfet, afin de les aider à refaire surface. Ce n'est que le 19 mars 1880, que la somme est versée à Napoléon et sa famille. Mais cela est peu en rapport avec la perte subie. Il faudrait emprunter pour tout reconstruire, mais pour cela il faut avoir un titre de concession attributif de propriété. Le titre de propriété définitif ne pourra être réclamé qu'après 3 ans, c'est à dire à partir de 1881. La maison est rebâtie partiellement, seuls les murs extérieurs sont debout. La récolte a suffit tout juste à nourrir la famille, mais n'a pas suffit pour racheter les bois et autres matériaux.
Le titre de concession est signé le 8 août 1879 : c'est un titre de concession gratuite. La vie reprend, et enfin le 26 décembre 1881, le titre définitif de propriété est accordé à la famille. Napoléon César peut alors hypothéquer ses terres, faire un emprunt pour améliorer le quotidien. En 1882, les autorités veulent agrandir les lots. En effet, sur les 26 familles installées à la création de ce territoire, 10 d'entre elles sont parties après avoir vendu leur droit au bail. Il ne reste plus que 16 familles. Ces familles, pour pouvoir survivre doivent louer presque toute la surface de leurs terres à des indigènes, moyennant espèces ou le 1/3, le ¼, ou le 1/5 de la récolte.
Les enfants des colons installés ne peuvent vivre sur ces terres, et sont obligés de chercher dans d'autres communes le travail qui fera vivre leur famille. Le réseau ferroviaire est en construction, et une gare dessert Aomar, ce qui peut être favorable pour le commerce. Dans ce projet, les enfants des colons auront une moyenne de 6 ha : - 1 lot à bâtir - 1 lot de jardin - 1 lot de vignes - 1 lot de culture Ce projet fut abandonné et remplacé par une dotation d'un lot de jardin aux 1ers colons.
Le 9 septembre 1889, un lot supplémentaire de jardin n° 77 de 21.50 ares lui est attribué à titre gratuit, qui se transformera en titre définitif de propriété le 9 septembre 1889. Ses 2 fils travaillent avec lui. Les enfants grandissent, et peu à peu ils se marient et quittent la maison. C'est d'abord Pierre Edouard qui rencontre Marie Pujol ; Ils se marient en 1900, Puis Clément Emile rencontre un jour, chez son ami Albert Bellegarde, la petite sœur de ce dernier, Thérèse Augusta venue rejoindre son frère. C'est le coup de foudre, et ils se marient le 5 août 1905 à Beni Amran.
Auparavant, Emile a fait son service militaire : 

Thérèse BELLEGARDE est née le 7 mars 1886 à Pont St Esprit. Elle est la fille de Joseph BELLEGARDE et Joséphine Madeleine FOURNIER. Son père est aubergiste, rue Bas Mazeau à Pont St Esprit. Elle a 2 sœurs et 1 frère : - Augustine l'aînée, - Albert né le 2 mars 1880 à Béziers - Germaine Albertine née vers 1894.
Clément Emile LEDOUX est né le 20 décembre 1870 à Castiglione Il habite Aomar, commune mixte de Dra El Mizan avec ses parents, Napoléon César et Marie Euphroisine CHATAIN. Lorsqu'il rencontre Thérèse Augusta BELLEGARDE, celle-ci a 19 ans, et lui en a 35. Ils auront 4 enfants : - Robert Albert, le 29 octobre 1906 à Beni Amran (Commune mixte de Palestro) - Emilienne, le 29 juillet 1908 à Aomar - Odette le 19 janvier 1910 à Taine ( commune mixte de Teniet El Had ) - Armand le 4 mai 1912, à Béni Amran.
A Béni Amran Emile était colon : il a d'abord eu une ferme qu'il a transformée en usine à crin à TAINE puis en usine à alfa ( on en faisait des matelas d'enfants par exemple)
Description des champs d'alfa :
" A perte de vue, des espaces plats ou à peine vallonnés s'étendent devant nous, couverts d'une herbe verte au printemps, grisâtre en été, qui ondule sans arrêt sous les rafales de vent. On dirait d'une mer agitée par la brise : c'est la mer d'alfa. " L'alfa est une graminée vivace. La feuille contient une fibre très fine et très résistante. Elle se détache facilement de la souche et il suffit d'une traction très légère pour l'en séparer. Elle sert à la fabrication de nattes, de chapeaux, de sandales, d'escourtins, de couffins et d'objets divers de vannerie et de sparterie, de crin d'alfa utilisé comme succédané du crin animal. Son emploi le plus répandu est la fabrication de pâte à papier; c'est cette industrie qui fait la véritable valeur de l'alfa d'Algérie. Le papier d'alfa est souple; soyeux, résistant; très léger, très bouffant, il prend bien les caractères d'imprimerie. Mélangée en proportions variables avec les pâtes de chiffons, de paille ou de bois, la pâte d'alfa peut donner lieu à des milliers de combinaisons d'une grande valeur et d'une excellente qualité. Pour le crin,il faut aller dans le Tell. C'est là que nous trouverons exploité, par une importante industrie, le palmier-nain, matière première du crin végétal. »

http://alger-roi.fr/Alger/cahiers_centenaire/productions/textes/p1_chapitre2.htm

Vers 1914, CLEMENT meurt d'une insolation : la veille il avait fait la sieste sous un arbre ; le lendemain il entrait à l'hôpital de Ménerville avec une forte fièvre, et là il mourut : mais en fait, insolation, typhus ?, on ne sait pas, car il a été enterré la nuit.
Après la mort de son mari, Thérèse doit travailler pour élever ses 4 enfants ; Elle va exercer le métier d'écrivain public dans un café maure. Elle fait également un peu de comptabilité et tous les soirs, avec Robert, son fils aîné, elle va allumer les réverbères : Robert lui tient l'échelle pendant qu'elle monte allumer les becs de gaz. 
Puis, elle se remarie 4 ans plus tard avec Auguste BARBE ( qui avait 10 ans de moins qu'elle ) et avec qui elle part vivre à ALGER : naissance de Louis BARBE ( Loulou ) en 1919.
Thérèse Augusta meurt d'une pleurésie le 22 octobre 1925 à Beni Amran. odette se souvient d'avoir vu emporter sa mère vers l'hôpital. 
Après sa mort, Auguste Barbé s'est remarié 2 fois encore. Thérèse a été enterrée d'abord à Beni Amran, mais lorsque son frère Albert est parti pour Thiers, il a fait déterré tous les membres de sa famille enterrés à Beni Amran pour les transporter à Thiers.
Après la mort de Thérèse, c'est Albert qui s'occupe des enfants de sa sœur en plus des siens : il avait 5 enfants à lui, en plus de ses beaux parents, et de sa sœur aînée Augustine venue aussi avec ses 4 enfants. Tous les matins il se mettait à la fenêtre pour voir partir son petit monde : c'étaient des jours heureux.
L'oncle Albert est chef cantonnier. C'est un écologiste de première heure : en effet, il fait pousser ses légumes pour nourrir son monde, sa belle mère fait le pain dans un four qu'il a lui même monté.
Mais il ne peut pas nourrir tous ces enfants, et il a été décidé que Odette partirait chez son oncle du Maroc ; Son oncle était fondé de pouvoir de la banque du Maroc ; il était très gentil et très simple, mais sa femme qui était en fait la sœur du père de Loulou (donc la soeur du 2e mari de sa mère ) était assez hautaine, et considérait Odette comme une intruse.
Robert et Armand sont restés chez leur oncle Albert, tandis que Emilienne, l'aînée des filles est allée travailler et s'est mariée un an plus tard.






Odette est née le 19 janvier 1910 à Taine  ( commune mixte de Teniet El Had  ) village proche de Beni Amran. Je n'ai pas réussi à savoir pourquoi elle est née dans ce village qui a été crée en 1909. 

Ses parents Emile Ledoux et Thérèse Bellegarde lui ont dit qu’elle était née dans l’alfa. C’est dire que cette plante occupait beaucoup les terres et les esprits. D'ailleurs Emile avait une usine de crin et fabriquait matelas ...

Si l'alfa vous intéresse :


http://www.univ-setif.dz/MMAGISTER/images/facultes/IOMP/2011/yahiaoui%20lamia.PDF


En Algérie l’Alfa, le Diss, le crin végétal et le liège se trouvent abondants leurs
récoltes et leurs industrialisations sont une source de revenus considérable pour des
populations entières.
La fibre Diss est retenue pour des raisons de disponibilité et d'économie, proviennent
d'une source renouvelable et qui peuvent être intégrées d'une façon rationnelle dans le
domaine de la construction.

d'après WIKIPEDIA :

Après la mort de sa mère, elle est restée pendant quelques mois chez son oncle Albert, le frère de sa mère, puis elle a été envoyée au Maroc.
C’est là qu’elle a appris à nager, dans les trous d’eau que laissait la mer lorsqu’elle se retirait.
Elle y est restée 2 ans,  puis elle est partie sur Alger pour travailler comme jeune fille au pair chez Mme Boukabza dont elle gardait les enfants.

Pendant que les enfants étaient à l’école, elle prenait des cours de sténo dactylo.

Deux ans après, elle obtient son diplôme.
Elle quitte la famille Boukabza pour travailler d’abord chez Pélissar et ensuite chez Marsé.

Elle peut enfin faire venir ses frères à Alger : d’abord Armand, puis Robert.
Emilienne, très attachée à ses frères et soeur venait les voir dès qu’elle le pouvait.

Ils habitaient près de l’Orangerie, à Alger. 

Ils aimaient aller danser, mais comme ils n’avaient pas beaucoup d’argent, ils dansaient à l’extérieur des bals. Après tout, ils entendaient aussi bien la musique !

C’était l’époque où les jeunes gens allaient faire la sérénade à l’élue de leur cœur, et lorsque Robert et Armand allaient le soir faire leur sérénade, Odette se déguisait en garçon, mettait le béret d’un de ses frère et les accompagnait.

C’est en allant travailler, dans le tram qu’elle a connu son mari Charles Sempéré.

Ils ont habité dans un appartement à Alger : l'appartement donnait sur une terrasse pleine de glycines.
Tous les dimanches matin, Charles et Robert allaient au marché, et ils rapportaient un poulet rôti et un bouquet de fleurs pour les élues de leur cœur.

C’était une période heureuse.